
Par Maxime Verner, président de l'AJF
18 % de la tranche des 18-24 ans a voté pour l’extrême-droite lors du premier tour des élections cantonales (enquête réalisée par l’institut de sondage IPSOS). Comme en 2002, une partie de la jeunesse de France a choisi de se tourner vers un parti, qui, à priori, n’incarne pas les idéaux de solidarité et de générosité auxquels sont généralement attachées les jeunes générations. Ce chiffre, ajouté à celui de l’abstention (76% chez les 18-24 ans) fait l’effet d’un coup de poignard…
Derrière ce chiffre se cache le profond désarroi d’une classe d’âge, précarisée et paupérisée, pour qui l’avenir ne rime pas avec l’espoir. Partout dans le pays, les 18-24 ans ont la sensation d’être passablement exclus de la construction de la société. Génération bloquée des stagiaires longue durée, des enfants d’immigrés exclus de l’emploi, des ruraux isolés, elle se sent de moins en moins écoutée, de moins en moins considérée. Là où leurs aînés s’enflammaient pour des idéologies et des combats, et pensaient encore qu’ils pourraient rendre leur avenir meilleurs, les jeunes de 2011 sont lestés d’une résignation de plomb.
Le vote en faveur du Front National est un cri de détresse d’une classe d’âge qui souffre dans sa chair et qui voudrait trouver un écho salvateur dans le message des politiques. Il est du devoir des partis républicains d’écouter cet appel à l’aide de ses enfants et de leur redonner espoir. La campagne présidentielle qui va s’ouvrir doit impérativement conduire les candidats à se pencher sur les thématiques d’emploi des jeunes, d’accès au logement… Cette prise de conscience sera la condition sinequanone afin d’éviter qu’une partie plus grande encore de la jeunesse ne bascule dans le nihilisme politique.
Mais loin de moi l’idée de vouloir accorder à la jeunesse l’exclusivité de la souffrance et du désespoir. C’est l’image d’une société meurtrie, dans toutes ses composantes, qui s’offre à nous en ce lendemain d’élection. Contrairement à d’autres je ne pense pas que la solution réside dans la confrontation des générations les unes aux autres, ou des catégories les unes par rapport aux autres. La construction d’un avenir plus sûr et serein passe par l’injection d’une grande dose de solidarité dans les veines de notre société. C’est tout le sens de la politique intergénérationnelle que j’appelle de mes vœux et qui constitue le socle des 89 propositions pour la jeunesse, que l’Association des Jeunes de France présentera début juin à l’occasion de la sortie d’un manifeste.